Comment chasser les doutes ?


Comment écrire un livre ?, Psycho / mardi 29 mars 2022

Des doutes, tous les auteurs en ont à un moment donné. Sur leurs capacités, sur leurs histoires, sur leur carrière. C’est inévitable dans un métier où l’on travaille principalement seul (pour les romanciers notamment) et où l’on est particulièrement exposé au regard du lecteur ou du spectateur.

Le doute est incontournable donc. Et utile. Car il permet de soulever des questions, de se remettre en cause et de prendre du recul. Un auteur qui ne douterait jamais risquerait de foncer tête baissée dans son histoire, sans jamais reconsidérer son œuvre sous un nouvel angle. Et d’avoir par la même occasion beaucoup de mal à accepter les critiques.

Douter est salutaire.

Mais s’il est trop présent, il a tendance à tuer la créativité. Il peut te mettre complètement à l’arrêt. Et là, c’est ce que j’appelle l’embourbement. Le moment où on n’arrive plus à faire avancer son projet et où on est tenté de le mettre de côté.

Alors, comment éviter de se laisser submerger ? Voici quelques astuces que j’ai pu expérimenter.

1/ Reste dans l’action

Tu peux douter de ton travail et de toi-même mais tu ne dois jamais t’arrêter d’écrire pour cette raison. Force-toi à avancer, sur les choses les plus concrètes possibles.

  • Si tu es un auteur « jardinier », c’est-à-dire que tu te lance directement dans l’écriture de ton roman comme Stephen King, je t’invite à t’obliger à poursuivre, même si tu n’es pas convaincu par ce que tu vas écrire.
  • Si tu es plutôt de type « architecte », c’est-à-dire que tu as besoin de créer toute la structure de ton histoire avant de l’écrire comme Dan Brown, tu peux te forcer à finir ton architecture même si tu n’es pas satisfait du résultat.

D’une part, être dans l’action évite de se poser trop de questions. D’autre part, tu n’es pas à l’abri de produire quelque chose qui te satisfera et qui chassera tes doutes.

2/ Couche tes doutes sur papier

J’utilise très souvent cette technique. Si je sens que je suis assaillie par les doutes, je les écris dans mon journal d’auteur avant de me lancer dans une séance d’écriture. Je le fais en me disant que maintenant, ils sont enfermés dans mon journal et que je ne veux plus en entendre parler pendant que je travaille.

Cela me permet aussi de distinguer si ce sont des doutes constructifs, sur une partie précise de mon histoire, ou si ce sont des pensées parasites qui ne me font pas avancer, comme avoir la sensation de n’avoir aucun talent.

Typiquement, c’est le genre de doutes que je chasse tout de suite. Je ne crois pas vraiment au talent. Je crois plutôt au fait de beaucoup travailler pour réussir.

3/ Fais appel à un bêta lecteur

Tu n’es pas un juge impartial de ton propre travail. Il est normal d’avoir des doutes sur la façon dont sera reçue ton histoire. Est-ce que le lecteur ressent de l’émotion ? Est-ce qu’il est suffisamment captivé ?

Le meilleur moyen est de t’adresser à un bêta lecteur qui te fera un retour sincère sur ton œuvre. Tu verras que parfois certaines choses sont plus réussies qu’on le croit. Bien sûr, le risque est que la bêta lecture soulève de nouveaux doutes, donc à user avec modération.

Si tu ne sais pas où trouver un bêta lecteur, je t’invite à lire mon article sur le sujet.

4/ Garde à l’esprit que tu feras de mieux en mieux

Tu as des auteurs que tu admires ? Lis ou visionne leurs premières créations et prends conscience qu’il ne s’agit souvent pas de chef d’œuvre (malgré toutes les qualités qu’elles peuvent avoir, bien entendu, ce n’est pas une critique). Je veux simplement dire par là que tous les auteurs progressent avec l’expérience.

Bien sûr, il y a quelques exceptions à la règle, des écrivains ou des cinéastes qui ont explosé dès leur premier roman ou leur premier film.

Mais dans la majorité des cas, le chef d’œuvre n’arrive pas tout de suite.

Si je te raconte cela, c’est pour que tu acceptes que ton premier roman sera moins bien que ton deuxième roman et ainsi de suite. Tu dois t’autoriser à t’améliorer d’œuvre en œuvre et peut-être accepter qu’à un instant T, tu as des limites. Des limites que tu dépasseras dans les années à venir.

Pour ma part, j’utilise très souvent cette technique pour me libérer de la pression que je peux me mettre en tant qu’autrice. Cela me permet de garder en tête mon objectif : le plus important est de finir mon roman. J’aurais tout le temps de douter après…


Tu connais désormais mes 4 astuces pour chasser les doutes. Malheureusement, c’est une lutte de chaque instant, car ils ne cessent jamais de revenir. On apprend juste à mieux les gérer avec l’expérience !

Emilie Beltane
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