Pourquoi le travail d’un auteur ne consiste-t-il pas seulement à écrire ?


Comment écrire un livre ? / mercredi 14 septembre 2022

Ecrire, c’est le nerf de la guerre et c’est, bien entendu, l’activité principale d’un auteur. Cependant, au début de ma carrière, j’ai été la première à négliger les autres dimensions du métier qui sont pourtant essentielles.

1/ Lire, lire et encore lire

Lire a de très très nombreuses vertus.

Progresser dans ton écriture

C’est le premier, et le plus évident, des bénéfices.

Plus tu lis, plus :

  • tu améliores ton style en l’enrichissant de nouvelles tournures, de vocabulaire, etc.
  • tu intègres, de façon presque inconsciente, les différentes mécaniques de l’écriture : comment construire une intrigue, créer des personnages, etc.

L’idéal est d’analyser ce que tu lis en essayant d’identifier ce qui t’a plu dans le roman et ce qui t’a moins plu et en cherchant à comprendre pourquoi. Les réponses vont tout de suite t’orienter sur ce que tu veux pour ton propre roman.

Par exemple, j’ai réalisé en lisant la trilogie Troie de David Gemmell que j’avais besoin (c’est tout à fait personnel) que les romans finissent très fort, de façon un peu spectaculaire, avec une vraie apothéose et j’essaie désormais d’appliquer ce principe à mes romans.

Maîtriser les codes

Cette deuxième vertu, à laquelle on pense moins, est que plus tu lis d’oeuvres dans ton genre de prédilection, plus tu vas maîtriser les codes de ce genre.

Je définirais les codes comme les attendus autour d’un genre de la part d’un lecteur. Ces derniers ont été construits par les oeuvres précédentes, parfois même par une seule oeuvre. Par exemple, avec Le Seigneur des Anneaux, Tolkien impose tous les codes de la high fantasy (le monde imaginaire, les races, etc.) qui ont été exploités par beaucoup de romans par la suite. Cependant, à force d’être vus et revus, ces codes lassent le lectorat jusqu’à ce que des auteurs viennent enfin les renouveler (comme George R.R. Martin avec Le Trône de Fer).

La difficulté des codes est qu’il faut les respecter puisque le lecteur s’attend à trouver certains ingrédients quand il ouvre un roman de tel ou tel genre. Cependant, si on ne lui offre que les ingrédients en question, sans nouveautés (ou uniquement des codes un peu trop anciens), il sera déçu et aura l’impression d’un copier-coller d’autres romans.

Ainsi, plus tu lis, plus tu comprends un genre et tu es au fait de ses évolutions.

Connaître les lignes éditoriales des éditeurs

On n’y pense jamais, mais plus tu lis des romans d’un éditeur, plus tu vas ressentir sa ligne éditoriale. Et cela va être beaucoup de temps gagné lorsque tu auras terminé ton roman et que tu chercheras à le faire publier.

Tu pourras facilement cibler les éditeurs qui pourraient être intéressés par ton travail. Bien sûr, le genre est important (inutile d’envoyer de la fantasy à un éditeur qui ne publie que de la SF) mais ce n’est pas le seul paramètre. L’éditeur sera sensible à certains sujets (par exemple l’écologie), certains types d’univers et bien d’autres critères qu’il est difficile de résumer.

Et plus tu lis les romans des éditeurs qui t’intéresse, plus tu auras de sujets de conversation si tu as la chance de les rencontrer.

2/ Se nourrir de l’expérience des autres auteurs

Découvrir la façon de travailler des auteurs expérimentés est une mine d’or pour s’améliorer dans son propre travail. Par exemple, cette semaine, en écoutant la façon dont deux auteurs célèbres de bande dessinée créaient dans la spontanéité sans se poser trop de questions, en se faisant confiance et en faisant confiance à leurs sources d’inspiration, j’ai réalisé que le doute pouvait parfois briser la créativité et qu’il ne fallait pas se laisser trop envahir.

Les festivals

Les festivals sont des moments où tu vas pouvoir approcher les auteurs pour des dédicaces et où tu pourras leur demander des conseils. Dans le genre de l’imaginaire, il existe des festivals aux quatre coins de la France (les Imaginales dans l’est par exemple ou les Utopiales dans l’ouest) et pour m’être rendue à quelques manifestations de la sorte, je t’assure que les auteurs sont heureux de discuter de leurs romans. Certains festivals organisent également des tables rondes autour de thèmes avec des auteurs qui ont l’occasion d’évoquer leur façon de travailler.

La presse

La presse est également pleine de pépites pour découvrir le travail des auteurs à travers des interviews : articles de journaux, émissions de radio, podcasts, blogs… Le plus compliqué est de dénicher les entretiens les plus intéressants dans l’immensité du web.

Si je devais te conseiller quelques sources, ce serait les podcasts C’est plus que de la SF et C’est plus que de la fantasy qui s’intéressent souvent au travail des auteurs. L’émission Bienvenue au book club sur France Culture est plus généraliste mais dédiée exclusivement à l’écriture.

Tu peux retrouver dans la rubrique Podcasts de mon blog les émissions les plus intéressantes que j’ai écoutées dans la semaine.

3/ Communiquer

En cette rentrée littéraire, 490 romans arriveront chez les libraires. 490 ! Autant dire qu’un jeune auteur qui ne bénéficie pas d’une grosse promotion (parce qu’il est publié par un jeune éditeur ou parce que ce dernier préfère miser sur des têtes d’affiche) devra assurer une partie de sa communication s’il souhaite gagner des lecteurs. Pour celui qui souhaite s’auto-éditer, c’est même une évidence puisqu’il est le seul maître à bord.

Si tu pars de zéro, la première étape est de communiquer dans ton cercle de proches (amis, famille…) parmi lesquels tu trouveras tes premiers lecteurs. Tu pourras également t’entraîner à pitcher ton histoire auprès d’eux avant de le pitcher à d’autres professionnels.

Ensuite, tu peux passer au niveau supérieur avec des comptes sur les réseaux sociaux, un blog, etc. Je ne traiterai pas de toutes les possibilités de communication dans cet article (peut-être une autre fois).

Enfin, il peut y avoir les dédicaces une fois que tu as publié un livre.

Dans tous les cas, gagner des lecteurs se fait petit à petit, au fur et à mesure où tes textes paraissent. Cela peut paraître fastidieux, mais c’est une étape de plus en plus obligée pour le jeune auteur qui souhaite se faire connaître.

4/ Se former

Certes, on peut écrire un roman sans suivre aucune formation, mais comprendre les mécaniques de la narration ou encore acquérir une première ébauche de méthode ne sont jamais perdus, surtout lorsqu’on débute.

Pour ma part, je songeais à écrire depuis mon adolescence mais je bloquais par manque de méthode. Je n’ai réussi à me lancer dans ma première histoire qu’après avoir suivi une formation qui m’a appris à structurer une histoire de bout en bout.

Aujourd’hui, je ne l’utilise plus, mais certains réflexes acquis à cette époque me servent toujours.


L’auteur ne passe donc pas son temps à écrire. Pour ceux qui ont déjà l’impression de manquer de temps pour travailler sur leur roman, peut-être que cet article ne sera pas pour vous rassurer. Pas de panique, je prépare un article sur la gestion du temps pour la semaine prochaine (ou la suivante).

N’hésite pas à laisser ton avis si tu peux qu’il y a d’autres activités dans la vie d’un auteur.

Emilie Beltane

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